L'intelligence

 

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L’intelligence

Qu’est-ce que l’intelligence ? Est-elle le propre de l’homme ? Il n’existe aucune définition de l’intelligence qui fasse l’unanimité. La raison en est probablement que ce mot renvoie à des capacités multiples et variées. On peut illustrer ces divers aspects de l’intelligence par exemple par la théorie des intelligences multiples d’Howard Gardner.

Ce qu’on peut au moins dire de l’intelligence, c’est qu’elle suppose un minimum de réflexion. Cela signifie-t-il que seul l’être humain peut être intelligent ? Pas forcément : on peut trouver chez de nombreux animaux, notamment chez les singes les plus proches de l’homme, les chimpanzés et les bonobos, des comportements permettant de résoudre des problèmes entièrement artificiels (ouvrir une serrure compliquée par exemple) et qu’on peut donc qualifier d’intelligents, car ne faisant apparemment pas intervenir l’instinct.

En ce qui concerne « l’intelligence artificielle », on sait aujourd’hui élaborer des programmes qui ont plus ou moins l’apparence de l’intelligence humaine, sans que leur fonctionnement interne n’ait quoi que ce soit d’intelligent. C’est par exemple le cas des logiciels de “conversation”, dans lesquels l’utilisateur peut avoir l’impression, avec un peu de bonne volonté, qu’il dialogue avec la machine. Il n’y a pourtant là que des programmes automatiques, donc aucune intelligence véritable.

L’intelligence consiste-t-elle à suivre les règles ou à les inventer ? Chez l’être humain, on sait que le Quotient Intellectuel (QI) ne correspond pas à l’intelligence dans son ensemble, mais seulement à certaines de ses formes, tout comme les résultats scolaires. Ce que les tests de QI ne mesurent pas, et ce que l’école n’enseigne pas assez, c’est par exemple la capacité à « sortir du cadre », la créativité, l’ouverture d’esprit, la faculté de poser soi-même les bonnes questions plutôt que de répondre à celles posées par d’autres. Voilà bien une forme d’intelligence propre à l’homme.

C’est ce qui explique que certaines personnes, d’une intelligence supérieure à la moyenne (les “surdoués”) ou d’une intelligence simplement différente, passent parfois pour déficientes intellectuellement, par exemple parce qu’elles s’ennuient à l’école. Ce sont pourtant les personnes à l’intelligence originale qui sont les symboles de l’intelligence humaine. En effet, l’histoire nous donne de nombreux exemples d’individus unanimement considérés comme intelligents, dans des domaines aussi variés que les sciences, les techniques, les arts ou encore la philosophie ; or, ce qu’ils ont tous en commun, c’est précisément leur étonnante capacité à sortir des cadres, des modèles et des catégories existant et dominant à leur époque. L’intelligence est ici la capacité d’innover, de ne pas se contenter de ce qui existe ou semble aller de soi à un moment donné : Galilée, Darwin, Einstein ou encore Descartes ont su penser autrement qu’on ne pensait à leur époque.

On voit ici ce que l’intelligence peut avoir de subversif, au sens où elle remet en cause la pensée majoritaire, l’ordre établi, les valeurs les plus consensuelles ou les explications simplistes. L’intelligence s’accompagne ainsi de la pensée critique, la capacité à “résister” intellectuellement à un discours dominant, à une tentative d’endoctrinement (éducation, médias, politique, etc.), et plus généralement à toute forme de dogmatisme. C’est pourquoi il n’est pas rare que l’intelligence soit au départ accusée d’être hérésie, perversion ou encore folie…

Dans quelle mesure sommes-nous responsables de notre propre intelligence, ou de notre bêtise ? Par exemple, cela a-t-il un sens de reprocher à une personne d’être stupide, ou d’en féliciter une autre pour son intelligence ? Cette question comporte au moins deux aspects : l’intelligence comporte-t-elle une dimension biologique, notamment génétique ? Comporte-t-elle par ailleurs une part due à l’environnement familial et social ? Ces questions mènent enfin à une autre : que pouvons-nous faire pour être plus intelligents ?

M.A.

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