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Lectures
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Chaque titre est accompagné : On ne trouvera guère ici de grands classiques de la littérature philosophique. Toutefois, on pourra trouver certains ouvrages de grands auteurs dont le niveau de difficulté peut être estimé "très accessible". Par ailleurs, on trouvera des textes commentant ou exposant des doctrines de grands auteurs. |
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Niveaux de difficulté |
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Très accessible |
Peu ou pas de vocabulaire technique, ni d'appel à des raisonnements trop étendus ou trop complexes. Particulièrement indiqué pour une prise de contact avec la philosophie, et se préparer à passer au niveau suivant. |
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Accessible |
Toujours abordable pour la plus grande partie du contenu, mais présence de vocabulaire technique et d'élaborations conceptuelles plus poussées. Le non-spécialiste aura donc affaire à un mixte de clartés et de zones d'ombre... ce qui est excellent pour progresser. |
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Exigeant |
La proportion s'inverse par rapport au niveau précédent : importance du vocabulaire technique, caractère "abstrait" et spéculatif de la pensée sont dominants. Pour le profane (voire pour les autres!), les zones de clarté se raréfient sans toutefois disparaître complètement. |
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N.B. : pour remédier au caractère formel de cette classification, on pourra proposer pour certains ouvrages des indications mixtes : "très accessible/accessible" ou "accessible/exigeant". |
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Les oeuvres sont présentées par ordre alphabétique des noms de leurs auteurs. Quand il existe plusieurs ouvrages (recensés ici) d'un même auteur, le nom de ce dernier est suivi d'un astérisque.
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Claude Bruaire*, La dialectique, Paris, PUF, coll. "Que sais-je?", 1985 |
| Niveau de difficulté : accessible/exigeant |
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Contenu : Le titre laisse présager une étude austère, réservée aux initiés, portant sur une notion inusitée dans le langage courant et soulevant des problèmes complètement étrangers à notre existence concrète. Or il n'en est rien! Comme le montre l'auteur, en se référant de façon rigoureuse mais claire aux grandes doctrines (Platon, Aristote, Kant, Hegel, Feuerbach, Marx), la notion de dialectique touche directement à notre existence d'êtres pensants et agissants ; sa parenté étroite avec la notion de dialogue en est un indice. D'une part, il s'agit avec la dialectique de la recherche de la vérité au moyen du discours rationnel, de sa possibilité et de ses embûches. D'autre part, il s'agit de nos rapports avec les autres, la nature, la réalité en général. Si nous n'y prenons garde, ce ne sont pas seulement nos idées qui risquent de s'abîmer en des voies sans issue, sans trouver ni équilibre ni consistance, mais notre vie elle-même. Mouvement qui anime nos pensées et nos attitudes, la dialectique est à la fois un moteur et un dissolvant : mieux en connaître les ressorts, c'est favoriser la victoire du premier aspect sur le second.
G. Richard |
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Claude Bruaire*, Une éthique pour la médecine, Paris, Fayard, 1978 |
| Niveau de difficulté : très accessible/accessible |
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Contenu : Comment y voir clair dans les questions d'éthique ou de morale, que soulèvent tout à la fois l'augmentation spectaculaire de nos capacités techniques dans le domaine bio-médical, et l'évolution non moins profonde et soudaine de nos désirs et réclamations ? La raison philosophique, ici, peut et doit intervenir. Elle seule peut mener à bien cette double tâche, et préserver ainsi la pensée et l'action de la contrainte des préjugés ou des fantasmes : d'une part, dégager méthodiquement et clairement les positions de principe qui sous-tendent (bien souvent implicitement) nos pratiques ; d'autre part, inversement, déduire tout aussi rigoureusement ce qu'impliquent, comme conséquences pratiques, les principes ou croyances auxquels nous adhérons. C'est ce qu'entreprend l'auteur de ce livre, à propos de questions encore débattues (l'euthanasie, l'attitude devant la souffrance, la maladie mentale, la frontière entre besoin de santé et désir fantasmatique de bien-être...), ou trop tôt considérées comme réglées (l'avortement). Une réflexion accessible et rigoureuse qui apporte à tous (médecins ou non) une clarification extrêmement précieuse.
G. Richard P.S. : Ce livre est malheureusement épuisé, et, pour l'instant, non réédité. On peut le trouver en occasion (sur internet ou ailleurs), mais à des prix peu modiques... Pourquoi ne pas solliciter l'éditeur (Fayard) en vue d'une réédition, en faisant valoir que le contexte présent s'y prête ? |
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Marcel Conche, Orientation philosophique, Paris, PUF, coll. "Perspectives critiques", 1990 |
| Niveau de difficulté : très accessible/accessible |
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Contenu : L'ouvrage est un recueil
d'articles indépendants mais qui forment un tout. Le premier pose la
question du mal et de la possibilité de lui trouver une justification
philosophique ou religieuse. Il y a un type de souffrance qui reste
injustifiable : celle des enfants. La souffrance muette des enfants
suppliciés à Auschwitz ou ailleurs est un mal « absolu », précisément parce
que les enfants ne peuvent le relativiser (comme le peuvent les adultes en
lui donnant du sens par l'héroïsme, la foi...). L'auteur nous amène à une
conclusion terrible : le scandale de la souffrance des enfants rend «
moralement nécessaire de nier l'existence de Dieu ».
J. Saiman |
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Jean-Louis Chrétien*, Le regard de l'amour, Paris, Desclée de Brouwer, 2000 |
| Niveau de difficulté : accessible/exigeant |
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Contenu : Cet ouvrage est peut-être le
meilleur de l'auteur, qui n'en commet que de fort bons. Il rassemble
diverses études, dont chacune constitue un tout pouvant être lu à part, sur
les manifestations et la réalité intime de l'amour. Tant par la
qualité de l'écriture que par la profondeur de la pensée, il parvient à nous
faire voir d'un regard neuf, surpris et ravi ce qui, trop souvent, ne donne
lieu qu'à des discours superficiels et mièvres ; rien de tel ici,
contrairement à ce que le titre peut faire craindre un instant, mais une
riche et belle substance. Signalons en particulier la magnifique méditation
initiale sur l'humilité, discret pouvoir "de tout nourrir et de tout
soutenir" ; la très instructive réflexion sur le "danger de la sécurité"
et les terribles menaces de la fausse paix ; enfin, la substantielle étude
sur la manière unique et éminente dont l'amour connaît et voit.
G. Richard |
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JEAN-LOUIS CHRéTIEN*, Promesses furtives, Paris, Editions de Minuit, 2004 |
| Niveau de difficulté : accessible/exigeant |
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Contenu : Il y a une façon acharnée,
têtue, sourcils froncés, de chercher – qui est une fermeture au réel.
Jean-Louis Chrétien sait que chercher exige attente, patience qui n’est pas
paresse mais vigilance intellectuelle : ne pas assaillir le réel ni le
réduire mais lui faire hospitalité. Seul celui qui a la patience d’un regard
fraternel peut entendre ces « promesses furtives », presque imperceptibles,
tapies dans ces actes ordinaires (et pourtant extraordinaires) que sont
parler, pleurer, chercher, trouver… Ainsi, sur « l’humanité des larmes » :
« Nous n’avons pas à comprendre trop vite le sens des larmes de l’autre,
mais à l’accompagner vers leur horizon, qui est une parole sienne où il se
comprenne lui-même, ou du moins se dise jusque dans ce qu’il a d’obscur,
tout comme Saint Augustin dit confesser à Dieu ce qu’il sait de lui, mais
aussi ce qu’il en ignore. » B. Gomez |
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| Niveau de difficulté : très accessible |
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Contenu : De Thalès à Derrida, en passant par
Platon, Descartes et Kant, l'auteur passe en revue ce qu'on peut retenir
de vingt-cinq des plus grands philosophes. Dans chaque chapitre (moins
d'une dizaine de pages chacun) est expliqué un concept, une thèse, une
manière de philosopher d'un auteur : le questionnement socratique, le
malin génie de Descartes, le marteau de Nietzsche, etc.
M. Anglaret |
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Alain Finkielkraut, La sagesse de l'amour, Paris, Gallimard, 1984 |
| Niveau de difficulté : accessible |
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Contenu : Deux grands bénéfices peuvent être attendus de la lecture de ce petit livre tout à fait remarquable. D'une part, faire connaissance avec l'une des pensées les plus profondes mais aussi l'une des plus difficiles du XXe siècle : celle d'Emmanuel Lévinas. L'auteur, au sens le plus noble de ce terme, s'en inspire constamment, et parvient magnifiquement à la rendre accessible sans la défigurer. Si nous savons l'écouter, nous ne verrons jamais plus autrui comme avant : nous le découvrirons à la fois plus attirant et plus inquiétant que nous ne le soupçonnions, et surtout, nous verrons les lieux et les raisons de nos attirances comme de nos inquiétudes radicalement chamboulés. D'autre part, sous l'impulsion du beau et puissant souffle de Lévinas, nous obtiendrons des lumières considérables (et dérangeantes à plus d'un titre) sur l'esprit de notre modernité, et sur la façon dont cette modernité a tendance à s'interpréter elle-même. Le totalitarisme, le nazisme et l'antisémitisme, tout particulièrement, se voient ici éclairés d'une façon qui va bien au-delà des explications convenues, commodes et rassurantes, qui nous en sont données habituellement sous l'influence de l'utilitarisme ou du structuralisme. En somme, nous est proposé ici un regard vraiment nouveau sur ce que signifie être un homme, et l'être dans le monde actuel.
G. Richard |
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Dominique Folscheid*, L'esprit de l'athéisme et son destin, Paris, La table ronde, 2003 |
| Niveau de difficulté : exigeant |
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Contenu : Le grand intérêt de cet ouvrage réside dans le thème étudié (l'athéisme), capital pour comprendre notre époque, et dans la très grande qualité du traitement qu'il en effectue. On a là bien plus qu'un inventaire ou un historique des formes de l'athéisme : une étude systématique et radicale, en laquelle est dégagée une logique globale (un "esprit"), qui engendre ses figures particulières à la fois librement (en ce sens qu'elle demeure irréductible à chacune d'elles, et se montre toujours apte à en produire de nouvelles), mais aussi et surtout en stricte soumission à une nécessité invincible et qui la meut du dehors (un "destin"). Car, et telle est la grande thèse ici proposée, l'athéisme quel qu'il soit n'a jamais de consistance et d'existence qu'empruntées, par réduction et gauchissement de la seule logique globale véritable (consistante en elle-même, et non par opposition à autre chose) : celle du christianisme (la "médiation absolue"). Tout athéisme, en dernière analyse, ne vit que de ce qu'il nie, tout en étant contraint, pour survivre, de s'évertuer à donner l'impression contraire : survie toujours possible, mais toujours de servitude. G. Richard |
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Dominique Folscheid*, Les grandes philosophies, Paris, PUF, coll."Que Sais-Je?", 1988 |
| Niveau de difficulté : très accessible/accessible |
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Contenu : Une présentation des grandes doctrines philosophiques des origines à nos jours. L'exposé est clair, précis et très maîtrisé, malgré la brièveté imposée. Cette dernière contraint à aller à l'essentiel : l'auteur sait le faire. Même si les passages obligés sont scrupuleusement respectés, tous les aspects, courants, auteurs ne sont pas également accentués. A divers égards des hiérarchies sont dessinées. Non que l'arbitraire se donne libre cours : mais il n'y a pas d'exposé possible de l'histoire de la philosophie, sans que s'engage une certaine conception de ce qui est philosophique, de ce qui l'est moins et de ce qui ne l'est pas. L'objectivité n'en souffre pas pourvu que l'on opère en toute connaissance de cause, ce qui est le cas ; alors le risque de polémique devient chance de discussion. On a donc là une combinaison fort réussie d'information solide et d'intelligente invitation à la réflexion. G. Richard |
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Dominique Folscheid* et al., La philosophie allemande de Kant à Heidegger, Paris, PUF, coll."premier cycle", 1993 |
| Niveau de difficulté : accessible |
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Contenu : Travail collectif, en lequel les doctrines de tous les philosophes allemands modernes sont présentées. Chaque exposé est fait par un spécialiste, maîtrisant remarquablement son sujet, et sachant le plus souvent se montrer clair (il y a quelques disparités à cet égard, liées à la fois à la nature des doctrines considérées – difficile, par exemple, d'être toujours parfaitement limpide sur Schelling ! – et au talent pédagogique des auteurs). Il s'agit de donner, chaque fois, une vision d'ensemble, mais aussi d'entrer suffisamment dans la précision pour offrir une solide "rampe de lancement" à la lecture directe des œuvres. Les auteurs "mineurs" ne sont pas négligés, et des conseils de lecture sont toujours donnés. L'ouvrage permet en outre de discerner des filiations, des courants, écoles, etc. Au total, on a aussi bien pour les étudiants, ou amateurs éclairés, que pour les philosophes confirmés, un très bon outil de révision ou d'entrée en matière. Auteurs : P. Choulet (Nietzsche...), A. Clair (Kierkegaard...), F. Dastur (Husserl, Heidegger), D. Folscheid (Kant, Hegel...), F. Kaplan (Marx), J.-F. Marquet (Schelling), F. Nef (Frege, Wittgenstein...), E. Sans (Schopenhauer...), M. Vetö (Fichte). G. Richard |
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Dominique Folscheid*, Sexe mécanique. La crise contemporaine de la sexualité, Paris, La Table Ronde, 2002 |
| Niveau de difficulté : accessible/exigeant |
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Contenu :
Chez les grands philosophes de l’histoire occidentale le sexe a rarement
été un objet d’étude à part entière. Michel Foucault dans son Histoire
de la sexualité montrait que ce que nous appelons « sexualité » n’est
pas une entité intemporelle qu’il faudrait étudier à travers les âges,
mais bien une manière historique particulière de penser l’existence et que
notre époque apportait en ce domaine du radicalement nouveau. D. Folscheid
reprend ici cette piste.
B. Quentin |
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Nicolas Grimaldi*, L'homme disloqué, Paris, PUF, coll. "Intervention philosophique", 2001 |
| Niveau de difficulté : accessible |
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Contenu : Agrément esthétique (l'auteur a une vraie plume, ce qui tend à devenir rarissime) et finesse de la réflexion se conjuguent remarquablement en cet ouvrage, qui, comme bien d'autres mais mieux que beaucoup, cherche à saisir l'esprit de notre temps. Le titre indique le diagnostic : l'homme d'aujourd'hui vit dans l'inconsistance (au sens étymologique : le fait de ne plus former un tout solide et harmonieux), en raison de son renoncement à la vérité. C'est la confusion entre raison et entendement calculateur qui est particulièrement soulignée à cet égard. Alors que la première est capable et désireuse de chercher le vrai, et par là de donner sens à notre existence, le second est voué à l'efficace et à l'utile, qui ne peuvent sans absurdité être promus au rang de fins en soi. C'est pourtant ce que fait l'homme d'aujourd'hui, s'acharnant ainsi à sa propre perte : tant il est vrai qu'en perdant le souci de la vérité, c'est lui-même que l'homme défigure. L'étude est d'autant plus convaincante qu'elle s'effectue dans une explicite méfiance pour tout pessimisme convenu ; c'est bien à un authentique exercice de lucidité que l'on a affaire ici. G. Richard |
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NICOLAS GRIMALDI*, Socrate le sorcier, Paris, PUF, coll. « perspectives critiques », 2004 |
| Niveau de difficulté : accessible |
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Contenu : Ce livre sait jouer du
suspense : il commence par dépeindre Socrate en « guérisseur », tout occupé
à inventer une médecine pour l’âme angoissée par la mort - sans contester,
d’ailleurs, l’efficacité de cette thérapeutique. A cette fin, il décortique
le « système » socratique (théorie de la réminiscence, des idées, etc.).
Jusque-là, rien de bien nouveau… Mais l’audace, c’est de demander : Socrate
croyait-il à sa propre métaphysique ? Pour Grimaldi, la réponse est non ! Au
fond, Socrate savait bien que l’âme est originairement et définitivement
désespérée ; que l’hypothèse d’un lieu intelligible plus réel que le
sensible, et garantissant l’immortalité à l’âme, pourvu qu’elle se purifie,
n’est qu’une fiction, une croyance ; bref que la métaphysique tout entière
est une « géniale duperie », mais qui donne au moins un sens à la vie,
laissant espérer un au-delà juste, éternel, vrai. Socrate aurait énoncé à
dessein des paroles fausses, mensongères (d’où le recours aux fables et
autres mythes dans le texte platonicien) mais au moins des paroles qui
sauvent, des incantations efficaces… B. Gomez |
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Pierre Hadot*, Plotin ou la simplicité du regard, Paris, Gallimard, coll."folio essais", 1997 |
| Niveau de difficulté : très accessible |
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Contenu : Ce petit livre accomplit un tour de force : exposer de façon claire, attractive et très fidèle (surtout avec les rectifications que comporte cette réédition, par rapport à la première version de 1963) les grandes lignes d'une doctrine philosophique particulièrement ardue : celle de Plotin. Les questions du moi, de la "conversion" et du Bien ou de l'Un, forment à juste titre l'armature de l'ensemble. Des esquisses de comparaison, rapides mais éclairantes, entre la pensée de Plotin et d'autres doctrines (Platon, Aristote, christianisme), permettent en outre au lecteur attentif de prendre un certain recul critique (aux sens positif et négatif du terme) par rapport au système plotinien. En somme, un modèle de vulgarisation, qui offre un support de qualité pour entrer à la fois dans une doctrine précise, et dans la réflexion philosophique en général. G. Richard |
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PIERRE HADOT*, La philosophie comme manière de vivre, Paris, Le Livre de Poche, coll. « biblio essais », 2003 |
| Niveau de difficulté : très accessible |
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Contenu : La philosophie est moins
élaboration d’un système théorique que le choix d’une certaine manière de
vivre, et de mourir. Voyez Socrate. Dans ce livre d’entretiens, Pierre
Hadot, qui fut tour à tour (excusez du peu !) prêtre, ajusteur, philologue
au CNRS, syndicaliste et professeur au Collège de France, renoue avec cette
conception antique, mais toujours actuelle,d’une philosophie pratique.
L’ouvrage se présente comme un dialogue entre amis, entre l’auteur et les
professeurs Jeannie Carlier et Arnold I. Davidson. Il n’y est pas seulement
question de vivre, mais de comment vivre. Comment opérer le mouvement
de conversion propre au sage ? A l’aide d’exercices spirituels, répond
Pierre Hadot. En adoptant ce « regard d’en haut » qui permet de mesurer la
petitesse des choses humaines dans le cosmos, mais aussi notre grandeur –
nous qui pouvons parcourir l’univers à la vitesse de l’esprit. B. Gomez |
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Gildas Richard, Nature et formes du don, Paris, L'Harmattan, 2000 |
| Niveau de difficulté : exigeant |
| Contenu : voir la rubrique Le don sur le présent site |
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Sénèque (Lucius Annaeus Seneca), Des bienfaits (De beneficiis), trad. F. Préchac, Paris, Les Belles Lettres, 1972, 2 tomes |
| Niveau de difficulté : très accessible/accessible |
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Contenu : Un livre d'un très grand auteur, à la fois profond et d'un abord non seulement facile mais agréable : voilà qui est rare. Il serait donc bien dommage de se priver de cette remarquable réflexion sur le bien fait à autrui et à soi-même. On y trouvera de très précieuses méditations sur les biens véritables (qui sont souvent des maux apparents) et les biens apparents (qui sont souvent de véritables et terribles maux), et sur la difficulté d'apporter à autrui, et de demander pour soi-même, les premiers et non les seconds. Cela ne requiert pas seulement beaucoup de discernement, mais aussi du courage, le désir étant bien plus souvent un ennemi qu'un allié ; les éclaircissements qui en découlent à propos de l'éducation et de l'amitié, en particulier, sont d'un prix infini. De façon générale, les notions de don et de libre générosité sont étudiées avec une pénétration qui n'a été que très rarement égalée ensuite. Sénèque offre même une solide ébauche de critique anticipée de l'attitude du "soupçon" systématique, si longtemps en vogue dans notre modernité. G. Richard P.S. : L'édition indiquée ci-dessus
est sans doute la meilleure (excellente qualité + bilingue), mais elle a le
défaut d'être assez chère. J'en indique donc deux autres (français
seulement, prix abordables) ; attention : le second ne propose qu'une partie
de l'oeuvre. |
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Bernard Sève, La question philosophique de l'existence de Dieu, Paris, PUF, coll. "Les grandes questions de la philosophie", 1994 |
| Niveau de difficulté : accessible/exigeant |
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Contenu : Le titre, par les termes "question" et "philosophique", indique clairement que la perspective du livre n'est pas religieuse, et l'auteur fait preuve d'une remarquable neutralité dans l'exposé des différents aspects de cette question. Au terme de la lecture, on ne saurait d'ailleurs dire quelle est sa position personnelle. Et c'est bien là sans doute l'intérêt principal de cet ouvrage : il ne guide pas le lecteur, mais lui indique au contraire une diversité de chemins. Sans chercher une illusoire exhaustivité concernant une question aussi fréquemment débattue dans l'histoire de la philosophie, Bernard Sève nous fait néanmoins rencontrer nombre de grands philosophes, et montre que la question philosophique de l'existence de Dieu peut en fait être entendue de bien des manières, et que la ou les réponses qu'on lui apportera dépendent en premier lieu, précisément, de la manière dont on l'entend. M. Anglaret |
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P. Singer, Questions d’éthique pratique, Paris, Bayard Éditions, 1997 |
| Niveau de difficulté : accessible |
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Contenu : Cet ouvrage étudie de manière
extrêmement concrète (mais bien entendu philosophique) un certain nombre de
questions d’éthique pratique, notamment celles qui sont nées des
développements techniques du XXème siècle : avortement,
euthanasie, expériences sur les animaux, environnement, et ainsi de suite.
Sont également traitées des questions sociopolitiques, comme celle des
rapports riches / pauvres ou celle de l’immigration. M. Anglaret |
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R. SriniVasan, Entretiens avec Swami Prajnanpad, Editions Accarias l'Originel, 2005 |
| Niveau de difficulté : très accessible |
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Contenu : Swami Prajnanpad est, comme le note André Comte-Sponville dans l'ouvrage qu'il lui a consacré (De l'autre coté du désespoir, Ed. Accarias) un des rares sages du XXème siècle. D'abord physicien (il a enseigné à l'université) il s'est intéressé à la psychanalyse et y a vu un moyen de rendre concrets et pratiques les enseignements des Upanishads et de l'Advaïta Védanta (textes classiques hindous). Son enseignement ne se laisse pas enfermer dans une tradition ou un système de pensée: « la spiritualité c'est l'indépendance ». Il nous invite inlassablement à la lucidité, or pour y arriver il faut commencer par se « déséduquer » (titre du premier chapitre). « Ne faites pas d'exception pour quelque idée ou préjugé chéris. Il faut tout jeter sans exception. » On retrouve là la radicalité de la tabula rasa cartésienne avec une fraîcheur et un élan nouveau, c'est qu'il ne s'agit pas ici de trouver un fondement à un savoir mais de « Voir », « voir est une fonction (non conditionnée et non soumise aux conventions) de la conscience pure, qui est avec ce qui est, tandis que penser est la fonction d'une pensée colorée par « ce qui doit être » (les désirs; les attirances). » Cette conversion du regard amène à ce qu'il considère comme les deux grandes vérités fondamentales : la différence et changement, « ... changement continuel, partout et toujours... Tout est différent de vous et d'un autre ou plutôt chaque chose est unique. » On quitte Descartes donc pour retrouver Héraclite et une sagesse pratique dont le ressort fondamental est l'attention au présent toujours changeant. J. Saiman |
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